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Homélie de la semaine

Christ, Roi de l'Univers- 22 novembre 2020

Le CHRIST, ROI de l’univers

Avant de quitter ses disciples, le jour de l’Ascension, Jésus leur avait promis qu’il reviendrait dans la gloire et qu’ils devaient attendre ce jour en le préparant. Soyez prêts, leur avait-il dit, c’est à l’heure où vous ne l’attendrez pas que je reviendrai juger les vivants et les morts. Et on avait très bien compris que ce jugement serait celui de l’amour. Ce n’est pas un jour de peur, comme l’Église l’a annoncé pendant des siècles, mais un jour de grâce. Un regard d’amour porté sur ceux et celles qui vivent dans l’amour.
 
C’est dans l’attente de ce jour de grâce, ce jour de joie que les premiers chrétiens se rassemblaient pour prier et rendre grâce. Dans les eucharisties, quand on disait, comme aujourd’hui encore, “Nous attendons ta venue dans la gloire !”, on espérait que ce soit dans les jours qui viennent ou le jour même. Les chrétiens attendaient ce jour comme tous les juifs, d’ailleurs, jour de l’accomplissement des promesses de Dieu. Mais voilà, en l’an 66 où Matthieu écrit son évangile, les années commencent à s’accumuler et Jésus n’est toujours pas de retour. Ça fait trente ans qu’on attend ! Que se passe-t-il ? Le découragement commence à les prendre. Alors Matthieu leur rappelle cette parabole de Jésus sur le jugement dernier. Cette parabole va leur donner des éléments de réflexion sur la vie des croyants et des croyantes, la vie dans l’attente du Jour de Dieu.
 
Cette parabole leur suggère qu’au lieu de s’intéresser au “quand” et “comment” de la fin des temps, il vaut mieux faire en sorte que notre monde actuel, notre monde concret, notre monde d’aujourd’hui, ressemble de plus en plus au monde à venir dont ils attendent la manifestation... c’est à dire que ce monde ressemble davantage au Royaume qu’on attend.
 
La question des premiers chrétiens est encore celle que nous portons, aujourd’hui: quand donc notre espérance se réalisera-t-elle ? Quand verrons-nous ce royaume de justice et de paix ? Quand n’y aura-t-il plus de guerre, de massacres, de famines, de rejets, d’injustice dans le partage des biens de ce monde ? Quand la résurrection du Christ portera-t-elle son aboutissement dans la résurrection de tous ceux et celles qui lui sont liés par un même amour, un même détachement et un même don généreux de leur vie ? Il ne faut jamais perdre de vue notre espérance. Non seulement ne pas la perdre de vue, mais encore nous faut-il la proclamer, l’annoncer, la partager avec le monde, avec nos proches, avec nos enfants. Le défi de notre église, en 2020,  n’est-il pas davantage un défi d’espérance qu’un défi de croyance ? Partager notre espérance !
 
La fête du Christ, Roi, dans le fond, c’est la fête de l’aboutissement de notre espérance de chrétiens et de chrétiennes. C’est l’évocation de notre espérance et l’appel à ne pas baisser les bras ou à rester inactifs. Jésus nous suggère, par cette parabole que préparer sa venue, c’est reconnaître ce qu’il est et ce qu’il fait. Or, nous savons que Jésus s’est identifié aux pauvres, aux malades, aux exclus, aux oubliés, aux mal-traités. Il nous dit aujourd’hui qu’il a tellement épousé la cause de ceux qui sont dans la désolation que tout geste posé à leur endroit le concerne personnellement et que tout refus de secours à leur endroit est un rejet de lui-même. C’est à la fois étonnant, renversant et ...exaltant ! Oui, c’est renversant, car, nous dit Jésus que ce n’est que sur l’amour que nous serons examinés. Le regard du Christ, Roi de l’univers ne se portera que sur l’amour dans nos vies. C’est à l’amour qu’il nous reconnaîtra comme ses brebis, pour reprendre l’image d’Ézékiel.
 
Jésus, Christ-Roi est un roi-pasteur. C’est un Roi qui ne se contente pas de donner des ordres pour qu’on soigne les brebis du troupeau, mais qui descend dans le pacage prendre soin de ses brebis. Le Pape François nous a rappelé, un jour, que le pasteur, c’est celui qui n’a pas peur de côtoyer les brebis et qui, en bout de ligne, sent le mouton quand on l’approche ! Belle image ! Belle senteur !
 
Alors, aujourd’hui, cette parabole nous redit donc notre espérance. Elle porte sur ce que la foi nous fait espérer. Il est bon, de temps en temps d’affirmer notre espérance... c’est une tâche qu’il nous faut peut-être prendre plus au sérieux de nos jours. Cette parabole nous rappelle aussi que l’attente de la réalisation de la promesse de Dieu, c’est un temps de construction où nous sommes les artisans. Dans l’attente de ce monde meilleur, il nous faut travailler à rendre le monde actuel meilleur; il faut combatte ce qui blesse les frères et les soeurs de Jésus, (qui sont aussi nos frères et nos soeurs). Il faut combattre la faim, l’exclusion, le mépris, la maladie, l’isolement des personnes, le racisme systémique, la destruction de la nature, l’indifférence, le mensonge qui s’érige en système et qui nous transmet la peur des complotistes et les théories de Q-Anon.
 
Quand nous agissons ainsi, c’est DÉJÀ le Seigneur qui vient et qui fait advenir le Royaume tant désiré. Alors, soyez dans la joie. Il n’y a pas de raison de désespérer ou d’être désillusionné de notre monde. Dieu nous y a placés, vous et moi, comme du levain dans la pâte pour faire advenir son Royaume. Si les chrétiens désespèrent du monde, qui relèvera le défi de faire advenir le règne de Dieu ? Célébrons donc le Christ, Roi de l’univers, célébrons notre espérance de chrétiens et de chrétiennes, et retroussons nos manches pour travailler dans ce monde de la covid-19 pour faire avancer le bien et l’amour.
 
D’après diverses sources et lectures
 
Yves